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Posté: 08 Nov 2018, 03:55 

Dick Tracy's G-Men (1939) est en VOSTFR ici

http://muaddib-sci-fi.blogspot.com/2013 ... .html#more

les épisodes sont regroupés dans deux liens; les uptobox sont tjs "vivants"


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Posté: 08 Nov 2018, 04:04 

des sstt FR pour Portrait of Jennie (1948) ici

https://www.opensubtitles.org/en/subtit ... -jennie-fr

à voir si synchro


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Posté: 08 Nov 2018, 04:47 

Ruby Gentry (1952) est en dual audio (UK + FR) avec sstt FR ici

https://www9.yggtorrent.to/torrent/film ... +afrique31


Qualité : DVDRIP
Format : Avi
Langue : FR UK
Sous-titre : FR
Codec vidéo : XviD à 2 400kbps
Codec audio : AC3 à 256kbps

Taille totale : 1700 Mo


le film : https://uptobox.com/bfh3aozgy6hz


les sstt : https://uptobox.com/okupykrikzyv


liens prolongés


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Posté: 08 Nov 2018, 04:53 

Love Is a Many-Splendored Thing (1955)

des sstt FR ici https://www.opensubtitles.org/en/subtit ... d-thing-fr

à voir si synchros


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Posté: 08 Nov 2018, 07:39 

Indiscretion of an American Wife (1953)


réalisé par Vittorio DE SICA

Image Indiscretion of an American Wife est la version raccourcie et remontée par Selznick de Stazione Termini.
Image Image Aux USA,  Indiscretion of an American Wife désigne également la version originale de Stazione Termini !



Image






Image

Film trouvé sur :
https://movieparadise.org/movies/indiscretion-of-an-american-wife/

Qualité :
DVDrip                                
Audio : Image Anglais                       
Sous-titres :
Image Anglais Image Français           
Durée : 01:03:21                          
Images / sec. (FPS) :
23,976                                                     
Taille :
1,25 Go                            
Résolution :
638x776                                  
Format : mkv                                     
                           

vidéo :

Indiscretion.Of.An.American.Wife.1953.DVDRip.x264-PHOBOS.rar
ou

Indiscretion.Of.An.American.Wife.1953.DVDRip.x264-PHOBOS

sous-titres (srt) :
Image https://mega.nz/#!vSoBACpa!gTD0RiVkwxxfZMWkZ2g9jP-2HqFVJpX1cBlUEWNR14s
Image
https://mega.nz/#!STgGiAAa!vBJMeNv6_lLe_69lUzMNRx3l0ZHhmtdsqx_wQvvAcMo


Merci à Movie Paradise !


Dernière édition par Delph le 15 Nov 2018, 12:53, édité 4 fois.

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Posté: 08 Nov 2018, 10:42 

il y a des sstt UK (plusieurs) et SP pour Indiscretion of an American Wife (1953) ici

https://www.opensubtitles.org/en/search ... ovie-10262

pas testé si synchro


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Posté: 08 Nov 2018, 10:54 

des sstt FR (qui me paraissent synchros) pour Le poids d'un mensonge - Love Letters (1945) VOSTFR

ici https://www.opensubtitles.org/en/subtit ... letters-fr


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Posté: 10 Nov 2018, 17:59 

Merci à tous pour toutes vos trouvailles et le temps que vous avez consacré à ces recherches :)
Je ne sais pas si vous partagez mon enthousiasme pour Jennifer Jones, ou si vous participez par pure générosité comme cela a déjà été le cas sur la filmo de Deborah Kerr, ou bien tout cela à la fois, quoi qu'il en soit votre participation fait rudement plaisir et je vous en remercie sincèrement.

J'ai essayé d'intégrer au mieux dans les fiches correspondantes tous les liens donnés par les uns et les autres en privilégiant pour un maximum de clarté les meilleures versions (les mises à jour ne sont pas encore tout à fait terminées). Dans le doute, j'ai laissé plusieurs versions coexister.

Et si cela peut intéresser quelqu'un, j'ai concocté des sous-titres anglais pour la version courte de Stazione Termini. Le remontage de Selznick est plus étendu que je ne le pensais, avec de nombreuses petites coupes à l'intérieur des scènes, et notamment des inversions de plans et de dialogues qui au passage donnent quelques raccords assez inattendus, quelques cuts brutaux et une ré-utilisation des voix parfois étranges. Même si le résultat n'est pas choquant dans l'ensemble je ne sais pas comment un monteur professionnel a pu cautionner cela. A croire que Selznick a embauché le quatrième assistant pour sa sale besogne ou a charcuté la pellicule lui-même. J'ai fait la synchro en me basant sur des sous-titres serbes (vive la mondialisation !), ça m'a bien amusé.


Pour info, voici un petit récapitulatif de ce qu'il manque :

des sous-titres : New Frontier (il existe une captation Youtube inexploitable pour mes compétences limitées) - The Wild Heart - The Idol - Angel, Angel, Down We Go

des sous-titres français : Stazione Termini - Indiscretion of an American Wife - Tender is the Night

une VOST.fr avec sous titres non incrustés : Dick Tracy's G-Men (j'ai presque honte de le mentionner, c'est déjà miraculeux d'avoir une VOSTfr) - Good Morning, Miss Dove - The Barretts of Wimpole Street

versions dont la qualité d'image n'est pas optimale mais qui ont le mérite d'exister : The Wild Heart (VHSrip) - The Barretts of Wimpole Street - The Idol (version Youtube)

Pour les VF il manque tout sauf : The Song of Bernadette - Duel in the Sun - Madame Bovary - Ruby Gentry - The Man in the Gray Flannel Suit - A Farewell to Arms - The Towering Inferno


Je précise à tout hasard que c'est un état des lieux pour illustrer la formidable avancée du projet, pas du tout une critique ni même une demande pressante ;)
18 films sur 24 en VOST.fr minimum, dont tous les épisodes de Dick Tracy's G-Men, c'est franchement fantastique et je ne pensais pas qu'on parviendrait à un tel résultat.

Encore une fois : MERCI :)



Image


Dernière édition par Delph le 10 Nov 2018, 19:23, édité 1 fois.

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Posté: 10 Nov 2018, 18:07 

Cela va vous paraître peut-être surprenant, mais j'avoue connaître assez mal la carrière de Jennifer Jones, et cette ébauche de filmographie a été l'occasion de combler d'immenses lacunes.

Le premier film où je l'ai découverte fut dans Cluny Brown, une véritable révélation comme on en a finalement peu dans une vie de cinéphile !

Je crois que je serais incapable de dresser une liste des films ou des rôles de Jennifer Jones que je préfère (d'autant que j'en ai vu relativement peu), parce que Jennifer Jones incarne véritablement ses personnages comme aucune autre actrice, elle leur donne une vérité et un côté organique inimitable, qui vient du fond du ventre, et elle les revêt à la fois d'une irréalité difficile à définir.
Jennifer Jones est Bernadette, elle est Cluny Brown, elle est Jennie, elle est Madame Bovary, elle est Hazel, elle est tous ses personnages. Vous voyez Jennifer Jones dans un film, et plus jamais vous ne l'oubliez, elle donne à chacun de ses rôles un côté entêtant et unique, et à travers ses personnages, d'une certaine façon, elle vit pour l'éternité.


J'ai bien conscience qu'on n'est pas sur un site de critiques de films, mais pour vous remercier je voulais partager avec vous un petit classement pas du tout objectif rédigé selon l'humeur du moment. Si j'ai l'air si enthousiaste, c'est que je le suis, sans exagération ou posture d'aucune sorte, avec mon vécu, ma cinéphilie, mes attentes, et mes préférences toutes personnelles que je ne vous oblige pas à partager mais qui peut-être vous donneront envie de vous lancer dans des découvertes. Il m'arrive par ailleurs trop souvent de démolir des films en bonne et due forme pour me priver de dire du bien de mes coups de coeur.
Alors dans l'ordre chronologique :


1) The Song of Bernadette

1943. Jennifer Jones irradie littéralement. C'est elle la véritable apparition du film. Il faut voir ce film ! Regardez ce film ! Non seulement Jennifer Jones est sur une autre planète, mais on pourrait dire qu'elle est cette autre planète : elle invente un monde, et elle l'habite tout comme elle est habitée. Et tout cela serait amplement suffisant pour vanter un film, qui par ailleurs est d'une épure, d'une beauté, d'une intelligence, et d'une force émotionnelle rare ! On s'étonne même que Hollywood ait pu produire un tel joyau sans sombrer en aucune manière dans un discours prosélyte ou nationaliste (d'autant plus en 1943), ce qui aurait gâché la pureté de cette histoire intemporelle. Quand on parle de "vieux films", j'aimerais dire aux gens, sans sombrer dans le passéisme pour autant : regardez des "vieux films", regardez Jennifer Jones dans ce "film désuet" qu'est The Song of Bernadette, où ça parle de religion, où ça cause en anglais et où il faut lire des sous-titres. Regardez ce "vieux film" et trouvez-moi en 2018 une artiste qui vous chamboule autant ! Ce film, c'est une preuve que le cinéma est intemporel, qu'un film peut garder son pouvoir d'enchantement au-delà des décennies et des siècles sans se démoder, ce film, c'est un acte d'amour ! Et si vous n'avez pas vu Jennifer Jones en Bernadette, vous n'avez jamais vu Jennifer Jones !


2) Cluny Brown

1946. Un bijou largement sous-estimé de Lubitsch, à mes yeux l'une de ses comédies les plus réussies, les plus complètes, les mieux écrites, avec aussi plein de mélancolie et d'autres sous-couches qui se dévoilent au fil des visionnages, avec en point d'orgue, les fameux "squirrels to the nuts" et autres "nightingales" ! C'est un film qui peut être assez déconcertant et dont le titre français donne une fausse impression : "la folle ingénue" semble annoncer une sorte de joyeuse cavalcade permanente, et l'on s'enthousiasme dans une 1ère partie vivante et immédiate qui semble contredite par une seconde partie plus posée où l'on a l'impression que le soufflé retombe. Du coup, c'est un film que j'ai mis plusieurs fois à apprécier à sa juste valeur (il n'y a pas assez de plomberie et de loufoqueries du genre à mon goût), mais qui heureusement se bonifie pleinement avec le temps. Et chose rare chez Lubitsch, lui qui s'est constamment attaché à dépeindre des couples atypiques, dysfonctionnels, ou carrément en crise, corsetés par leur condition et tourmentés par leur environnement et des conventions ridicules, il semble avoir ici trouvé une sorte de paix intérieure, et sans jeter sa malice et son ironie dans un évier débouché par Cluny Brown, il parvient à camper une vision "optimiste" du couple en nous livrant deux éclopés du monde dont personne ne veut (ou veut pour de mauvaises raisons), et à qui il donne une chance de bonheur, une place surprenante qui ne leur était certainement pas réservée ! Lubitsch et le bonheur dans la même phrase, qui l'eut crû !!!

Dans Cluny Brown, Jennifer Jones est à la fois d'une innocence, d'une spontanéité, avec un mélange de pudeur et d'exubérance terriblement attachant, un peu cheval fou avec à la fois une impatience et une peur de se heurter au monde, avec ici très étrangement de petits airs de Claudette Colbert (le côté fine mouche en moins), ce qui ne gâche rien ! En un mot, elle est complètement désarmante ! Et son duo avec Charles Boyer est absolument délicieux, d'autant que ce dernier est à son zénith et trouve là l'un de ses meilleurs rôles. Il se pose en parfait observateur d'un monde complètement déréglé, tout en essayant d'en tirer le meilleur, avec un certain cynisme, en toute impudeur, sans mauvaise conscience aucune, et à la fois sans être dupe de ses stratagèmes d'adaptation dans un monde où toutes les valeurs sont chamboulées. Et il faut souligner que son cabotinage habituel fait ici merveille sans être excessif ou déplacé. Il est réellement fantastique. C'est le film qui m'a révélé l'immense classe que pouvait avoir Charles Boyer, quand il était bien dirigé.
Et si vous n'avez pas vu Jennifer Jones en Cluny Brown, vous n'avez jamais vu Jennifer Jones !


3) Portrait of Jennie

1948. C'est une histoire adaptée du livre éponyme de Robert Nathan, versant dans le fantastique et qui est d'une poésie, d'un lyrisme, et d'un romantisme étonnants et pas moins bouleversants ! Jennifer Jones est absolument sublime en Jennie et Joseph Cotten n'en est pas moins touchant en artiste sans le sou et artistiquement dans le flou qui rencontre cette toute jeune fille qui ne semble pas vivre dans la même réalité que lui. Elle deviendra sa muse, son obsession, elle se dépêchera de grandir et lui demandera de l'attendre (quelle plus belle image que celle-ci ?) et peut-on même dire qu'il vivra avec elle une véritable histoire d'amour, à travers l'ordonnancement du temps, et des vies, une histoire épique et impossible, faite d'instants qui devront durer pour l'éternité ? Oui, définitivement oui. Ce n'est pas forcément un film parfait, mais il déploie un charme fou qui nous dépeint au passage sûrement l'une des plus belles histoires d'amour de l'histoire du cinéma (rien que ça ? Oui, rien que ça...) et tisse une atmopshère absolument enveloppante. A noter la présence de Lillian Gish en invitée de luxe, qui interprète une Soeur, et qui rayonne d'une sérénité admirable. C'est un petit rôle mais c'est l'un des moments clefs du film, et elle le magnifie comme personne. On se demande, durant ces 5 minutes, si le cinéma aurait pu vivre et s'épanouir sans Lillian Gish.
Et si vous n'avez pas vu Jennifer Jones en Jennie, vous n'avez jamais vu Jennifer Jones !


4) Stazione Termini

1953. Il est étonnant de voir Jennifer Jones évoluer dans un film italien qui tend vers le néoréalisme, et on pense beaucoup à Ingrid Bergman bien sûr qui aurait été parfaite dans ce genre de rôle. Mais Jennifer Jones a vieilli, ce n'est plus du tout cette petite sauvageonne qui court dans la nature et se confond avec le monde animal et les divinités païennes, c'est maintenant une femme. Et qui plus est une femme mariée, avec une petite fille, une femme qui semble déjà fatiguée par la vie et qui lors d'un voyage en solo en Italie chez sa soeur noue une romance passionnée et pas moins désespérée avec un Montgomery Clift qui a toujours cette fêlure intérieure si touchante et cette innocence perdue de l'enfance que l'on trouve chez peu d'acteurs (je pense à Kirk Douglas et à Burt Lancaster, dans un registre plus énergique). De cette histoire, on ne nous montre que le tout dernier jour, le jour du départ de Jennifer Jones vers les Etats-Unis où elle va retrouver sa petite famille après cette parenthèse vécue à crédit. Toute l'action se passe plus ou moins en temps réel dans la gare de Rome jusqu'au dénouement sur lequel on a peu d'espoir dès le début du film puisqu'il débute sur une tentative d'adieu et une fuite pas vraiment assumée de la part de Jennifer Jones. Ce film-concept aurait pu tourner en rond, avoir un côté très artificiel, et sonner creux, et bien non. Déjà, le contexte (la gare, la foule) rend chaque scène incroyablement réelle, et le va-et-vient permanent, le bruit incessant que représente une gare isolent d'autant plus le couple adultère dans un monde terrifiant, où ils sont seuls et oppressés, devant plus ou moins se cacher, entourés de tant d'inconnus, ne pouvant pas vraiment se dire ce qu'ils voudraient, alors que l'horloge court à toute vitesse, que chaque seconde est comptée. Ce film possède une atmosphère étouffante tout à fait exceptionnelle, faite d'urgence, de rêves fous, de marchandage, et de désespoir, où chaque petit incident du quotidien prend ici une importance démesurée, où chaque rencontre pourrait modifier le destin en profondeur. Alors bien sûr, on peut ergoter sur le tournant pour le coup franchement dramatique que prend l'histoire, et le petit côté moralisateur, reste que Montgomery Clift et Jennifer Jones incarnent un couple "adultère" absolument poignant, à l'image de la dernière scène d'adieu qui ne veut pas se finir, dans le train, sur le quai, et où l'on quitte un Monty littéralement groggy, qui vient de perdre son monde, et dont on se demande s'il arrivera à regagner le rivage de quelque autre monde que ce soit. Jennifer Jones livre une performance éblouissante d'une femme qui ne veut ni perdre son amoureux, ni perdre sa petite fille, et qui devra vivre avec le choix déchirant qu'elle aura fait.

A noter la présence d'un très jeune Richard Beymer de 14 ans dans le rôle troublant d'un neveu idolâtrant sa tante Jennifer Jones (on le comprend facilement !), et dont les fans de Twin Peaks se souviennent dans son interprétation fantastique du Benjamin Horne complètement perché qui reconstituait des batailles de la guerre de sécession.


5) Beat the Devil

1953. Jennifer Jones en blonde, il fallait le voir pour le croire ! Eh bien, n'en déplaise aux grincheux, John Huston a eu là une inspiration géniale car Jennifer Jones est littéralement irrésistible dans le rôle d'une anglaise pour le moins excentrique et rêveuse qui lorgnerait vers une cousine éloignée de Cluny Brown. Il faut la voir exprimant des réflexions complètement ingénues puis la seconde d'après faire montre d'une implacable science en battant son mari à plates coutures aux échecs sans le moindre ménagement ! Il faut surtout l'admirer en train de flirter comme une aventurière inexpérimentée avec sa majesté Humphrey Bogart (marié à Gina Lollobrigida, qui elle s'intéresse au mari de Jennifer Jones), tout en débitant des pensées tout à fait digne d'une Cluny Brown. Dans ce personnage, Jennifer Jones nous montre de nombreuses facettes, elle est un véritable caméléon sur la corde raide qui déjoue toute tentative d'analyse ou de pronostics, c'est un régal permanent et son équipée avec Boggie est un très grand duo à redécouvrir d'urgence !

L'histoire est une quête africaine improbable qui débute par la fin, où l'on voit les principaux intéressés partir menottes aux mains suivis d'une fanfare qui joue un air de fête ! Musique qui vous restera certainement un moment dans la tête ! Puis retour au tout début de cette équipée, sur la côté italienne en attente d'un bateau qui ne vient pas. L'affaire est rendue volontairement confuse de par le tourbillon de personnages et des appétits individuels mais elle est géniale dans le genre, un peu façon The Maltese Falcon mais en beaucoup mieux, avec une ADMIRABLE bande de pieds nickelés menés par un Bogart complètement blasé par la vie et qui a un mal fou à contenir ses associés aux dents longues, dont le réjouissant Robert Morley et un Peter Lorre au sommet du pitoyable, une assemblée fantastique de losers magnifiques à laquelle va s’agglutiner par la force des circonstances le couple de Jennifer Jones. Bien évidemment, tout le monde va chercher à doubler tout le monde, et à la fin celui ou celle qui va tirer son épingle du jeu n'est pas celui ou celle que l'on croit ! Je n'ai pas beaucoup aimé The Maltese Falcon, parce que tout va trop vite, que c'est très froid, et qu'il n'y a que Bogart en qui s'identifier, alors que là tous les personnages sont du pur bonheur et l'intrigue qui est relativement simple dans sa complexité bénéficie d'une langueur italienne tout à fait appréciable qui préfigure The Night of the Iguana (avec l'immense Deborah Kerr). En attendant ce fichu bateau, on flâne, on se balade, on joue aux échecs, on flirte, on excursionne, on teste ses adversaires, on prépare ses appâts.... Et puis, on finit par embarquer, et l'aventure prend alors une tournure improbable !

Film réjouissant, surprenant, inattendu, ponctué de moments d'attente avec un bateau vers l'Afrique tant convoitée qui n'arrive pas, de scènes de frénésie, d'alliances et de trahisons, de marivaudage aux dialogues qui font mouche. Film d'une intelligence rare qui à la fois ne se prend pas du tout au sérieux et qui bénéficie d'un scénario absolument parfait qui gère tout ce joyeux bordel avec brio, et c'est suffisamment rare pour le souligner, d'autant qu'il a aussi le bon goût de se faire très discret.

Et, cerise sur le gâteau, un twist final qui est, plus que sympathique, un vrai bonheur ! Et oui, John Huston, dans ce petit film qui ne paye pas de mine au premier abord, fantaisie loufoque sans grande envergure, confirme encore et encore que c'était l'un des plus grands, si ce n'est le plus grand. Et Bogart dans un rôle de type qui est revenu de tout, qui affiche une indifférence absolue à Gina Lollobrigida (qui telle une girouette s'en va butiner du côté de l'Angleterre et de ses miroirs aux alouettes), et qui regarde sa petite bande s’étriper et ruiner ses plans, ce Bogart est absolument géant dans son stoïcisme apparent, parce qu'il donne l'impression qu'il n'est qu'un observateur de luxe, et pourtant c'est lui l'air de rien qui dicte le tempo du film. Et c'est le seul à voir que Jennifer Jones, en blonde intrigante qu'elle est, avec son énergie, sa fantaisie, et toutes ses charmantes contradictions, possède quelque chose de fascinant que malgré tout son vécu il rencontre pour la première fois. Et l'alliance de l'expérience blasée et de l'exubérance évaporée donne à ce duo improbable un charme fou !

Bon, j'adore ce film, je n'arrive pas à m'arrêter d'en parler. C'est le genre de film qui travaille après coup, et auquel l'on repense toujours avec affection, et qui vous procure des fous-rire rien qu'à l'évocation d'une scène, d'une réplique, d'une situation. Bien sûr, il faut aimer les bras cassés, car ce film est une ode à la médiocrité que le panache transformerait presque en une certaine grandeur.

Et si vous n'avez pas vu Jennifer Jones en blonde, vous n'avez jamais vu Jennifer Jones !


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Posté: 10 Nov 2018, 19:53 

Vous avez bien raison de noter, Delph, que Jennifer Jones a presque tout joué : l’adolescente naïve ; la jeune fille romantique ; la « comique » des screwball comedy ; la petite sauvageonne ; l’épouse modèle ; la métisse, courageuse parce qu’elle est en butte à la bêtise humaine…
C’était effectivement une formidable actrice. Mais c’était surtout une des (trop) rares actrices de composition. Parce que, malheureusement, c’est un fait avéré que les femmes – surtout lorsqu’elles sont jolies – se voient très vite assigner par les studios un certain type de rôle, qu’elles ne quitteront plus (ou seulement à partir d’un âge canonique)

.

Et je confirme : Cluny Brown est une comédie romantique époustouflante, à la fois drôle et intelligente, et dont la clé de voûte est cet improbable duo Jennifer Jones / Charles Boyer.
Je sais qu’il est de bon ton chez certains cinéphiles de critiquer le jeu un peu hiératique de notre compatriote, mais c’était tout de même un grand, lui aussi.
Pensez : un comédien du théâtre le plus classique qui soit (Bernstein), qui a su résister au « muet », et qui, longtemps cantonné aux rôles de jeune premier, a su périodiquement « casser » son image avec des rôles casse-gueule dont personne ne voulait… il y en a peu, quand on y pense. Et dans Cluny, il est vraiment génial.

En tout cas cette filmo était une excellente idée !
J’espère qu’on arrivera à mettre la main sur la VF, ou tout au moins un ST FR, pour le magnifique, et trop méconnu, Tender is the Night.


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